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DE LA MESURE
- 21 octobre 2009 -
L'ouverture est une idée politique qui tient du génie. Extraire et détourner le meilleur de l'adversaire pour asseoir sa propre position et, simultanément, mettre en place un homme aux compétences reconnues relève d’un machiavélisme que n'aurait pas renié François Mitterrand. A ce titre, le choix d'hommes comme Bernard Kouchner, Eric Besson ou Dominique Strauss Kahn sont des actes positifs qui confortent l'assise du gouvernement et, en tout premier lieu, du Président Nicolas Sarkozy.
D'une part ces hommes ont des compétences certaines, d'autre part ils sont respectés parce que respectables. Ce ne sont pas les quelques galipettes de "DSK en Amérique" qui changent quoi que ce soit à cette situation : les Français partagent avec les Italiens ce sentiment que l'appétit sexuel des puissants est une composante classique et normale de leur pouvoir. Leur infidélité est socialement acceptable et le fait lui-même n'est pas légalement interdit.
Il y a néanmoins en France, et d’une manière plus générale dans le monde occidental, des comportements qui ne sont pas permis et que la Loi réprouve et punit. Qu'un ministre, fut-il de la culture, prenne a priori le parti de défendre un très grand cinéaste recherché pour pédophilie, voilà une position au moins surprenante et, pour beaucoup, choquante. Qu'on découvre ensuite que ce ministre a lui-même enfreint les règles en pratiquant le tourisme sexuel avec de jeunes thaïs, voilà qui devient inacceptable. Qu'on découvre enfin que cet état de fait est public depuis 5 ans, voilà ce qu'on appelle une faute grave de "casting".
On peut, en effet, parfaitement imaginer que notre Président n'ait pas lu "La mauvaise vie", autobiographie écrite en 2005 par Frédéric Mitterrand dans laquelle l’auteur décrit par le menu ses rapports sexuels avec des "éphèbes", des "garçons", et "ces gosses (qui) ont largement l’habitude des hommes" (pages 293 à 307). On sera rassuré, un peu, quand Monsieur Mitterrand nous déclare aujourd’hui que cet ouvrage n’est pas "totalement" autobiographique et que ses partenaires étaient des hommes de son âge ou de 5 ans de moins "au maximum".
Mais on ne peut pas accepter que l’état major du Président de la République Française n'ait pas fait le minimum de vérifications qui s'imposaient avant la nomination de ce nouveau ministre. Une telle erreur met à mal toute la stratégie d'ouverture en transformant le coup de génie en une simple série de "coups de pub" (dont le dernier est magistralement raté !!!). Dommage, un peu de mesure aurait été bienvenu !!!
Par extension et surtout, si toutes les décisions importantes - et j'ose croire que la nomination d'un ministre est une décision de première grandeur - sont prises sur la base d'un dossier aussi mal préparé, la France a beaucoup de soucis à se faire sur les conclusions de tous les autres dossiers en cours.
Diego Max.
Sources : Politique.com, Diego
Max
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